ArtescommunityART AS A VEHICLE FOR EDUCATION AND SOCIAL INCLUSION

Projet INSART

Posted by
|

La formation décrite ci-dessous est le résultat du projet “INSART” dans le cadre duquel un spécialiste du Théâtre de l’Opprimé (Mounir Othman) et une association de formation interculturelle (Elan Interculturel) se sont donné pour mission d’adapter la méthodologie de médiation artistique développée par Werner Moron et les Paracommand’arts au travail spécifique avec les jeunes défavorisés de Paris. La formation propose à ces jeunes – qui pour la plupart d’entre eux n’ont jamais eu d’expériences significatives avec l’art- une immersion dans la création artistique avec le but de créer un œuvre d’art au bout des cinq jours de l’atelier.

L’association Elan Interculturel a adapté la méthodologie de médiation artistique afin de promouvoir une réflexion approfondie sur les différences culturelles. Le résultat : une formation ciblé pour un groupe cible très particulier (les jeunes de 16 à 30 ans) capable d’intégrer l’approche artistique –notamment le théâtre Forum -avec la perspective interculturelle et les outils de la pédagogie non formelle.

 

 Module 1: Accueil des participants

La matinée de la première journée est consacrée à la construction d’une bonne dynamique de groupe et l’appropriation de l’atelier par les jeunes. Par « Appropriation » nous voulons signaler le saut qualitatif qui exige de s’insérer dan l’espace social et pédagogique de l’atelier ainsi que prendre conscience des autres participants, des facilitateurs, comprendre les buts de chacun.

Afin de favoriser l’échange, nous proposons des activités d’échauffement des « Jeux pour acteurs et non acteurs » d’Augusto Boal et quelques activités ludiques liées à l’expression corporelle. Ces jeux permettent de favoriser la solidarité, la collaboration, le travail et la coopération entre les participants ainsi que la prise de confiance individuelle (connaître ses peurs, ses doutes et apprendre à les surmonter).

20141006_111005

 

Module 2 Improvisations ou principes actifs du théâtre

Werner Moron parle des « principes actifs » de l’art. Il fait ainsi référence à la substance qui est réellement active dans les médicaments et qui est responsable de leur effet. Selon lui, l’art et les différentes formes artistiques ont leurs propres principes actifs. La mission des Paracommand’arts est de donner l’opportunité aux gens de s’immerger dans ces principes actifs pour qu’ils en obtiennent les effets et qu’ils les conduisent au changement. Pour rencontrer les principes actifs de la danse, par exemple, les participants seront habituellement conduits à travers une découverte empirique du corps, de l’espace, du mouvement et du rythme. Dans l’atelier sténopé, les participants étaient d’abord tous invités à créer leur propre appareil photo, puis d’expérimenter l’interaction de la lumière et du temps qui crée l’image sur le papier photosensible.

Pour notre groupe, l’immersion dans les principes actifs implique l’acquisition du langage spécifique de l’art, en l’occurrence, le théâtre. Toutefois, pour garder cette métaphore, il s’agit d’un apprentissage du langage qui privilégie la langue parlée et vécue plutôt que la grammaire. Trop de focalisation sur les détails techniques détourne l’attention des questions réellement importantes.  Dans notre atelier « Déclic-Art » les participants ont plongé dans les principes actifs du théâtre à travers des exercices d’improvisation qui contribuaient à faire comprendre le type de théâtre (le théâtre forum) qui est proposé dans l’atelier : il ne s’agira pas de lire et mettre en scène des textes. On travaille sur les émotions, la présence, la confrontation aux regards d’autrui, etc. On développe l’observation et la pratique des jeux d’émotion, on apprend à repérer dans les gestes parasites ou inconscients les éléments de communication non verbale présents dans notre communication.

INSART PROJECT

Module 3 : trajet réel – trajet rêvé

Le premier jour, les participants découvrent la méthode « Trajet réel / Trajet rêvé » développée par Werner Moron et qui constitue le fondement même de la méthode des Paracommand’arts. Chaque participant reçoit un livret intitulé « Nations-Moi », qui est un dossier personnel à remplir durant les sessions consécutives de l’atelier. Ce livret est en réalité une liste d’interrogations portant sur des questions existentielles telles que les origines, les idoles, les projets futurs, les influences, etc. Il invite à répondre à ces questions de deux façons différentes. Premièrement, de la façon la plus objective possible, en donnant une description détachée des éléments liés à la question.  La réponse peut être écrite, dessinée, peinte ou copiée à partir d’images numériques, etc. Dans une première étape, il s’agit de se remémorer des détails objectifs, banals, sans les transformer ni les interpréter, et sans faire preuve d’aucune créativité (« par tous les moyens, ne faites pas de l’art ! ». Telle était la consigne donnée par le directeur artistique).  Une fois les textes sont écrits, ils sont partagés : les participants les lisent, un après l’autre, sans commentaires, sans interrogations.

L’étape suivante invite le lecteur à répondre de nouveau mais en transformant librement la réponse, cette fois-ci. Le « trajet rêvé » permet de raconter de nouveau l’histoire mais d’une façon qui nous plaît, en introduisant un mensonge, un vœu, une modification.  De nouveau les textes sont lus, l’un après l’autre.

Après cette deuxième lecture, le directeur artistique / facilitateur invite les participants à trouver un seul mot qui puisse résumer les deux textes.

 

Module 4 – improvisations pour mettre en scène les situations choisies

Au lieu d’inviter chaque participant à plonger dans une réflexion intellectuelle sur comment ils devraient mettre en scène leur mot, leur histoire, les participants sont invités à créer de scènes semi-improvisées : chacun peut inviter les autres participants pour compléter sa scène, et leur demander de jouer tel ou tel rôle ; ses collègues doivent rester « disponibles ». Les autres participants reçoivent des instructions de la part du narrateur, qui devient aussi directeur pour cette expérimentation. En même temps les participants « invités » peuvent enrichir la scène avec leurs idées, improvisations.

Pour éviter la tendance d’être très « réalistes » et afin de pouvoir toucher les éléments plus profonds et symboliques des histoires, le facilitateur propose de jouer sans parole.  Chaque scène est jouée et observée par le reste des participants et le facilitateur, qui posent des questions et donnent des propositions pour les « nettoyer » des éléments non nécessaires, qui n’apportent rien et donc pour rendre les scènes plus puissantes.

INSART PROJECT 2

Module 5 – construction des bandes sonores

Dans la pratique des Paracommand’art la création de la bande sonore peut se dérouler d’une multitude de façon. Le point commun est que cette bande doit être créée par le participant, pour accompagner le film créé dans l’atelier. Donc il ne s’agit pas d’utiliser une musique trouvée, ou même de réutiliser une chanson que le participant aurait pu inventé auparavant. La création doit être une création pour l’atelier.

Dans ce travail le choix de l’artiste collaborateur/intervenant est très important.  Il aura le rôle d’assister les participants avec toutes les compétences techniques relatives à la composition, à la technique du son que les participants probablement n’auront pas. C’est ce même artiste qui va enregistrer les différentes récoltes sonores pour les utiliser et sous la direction du participant en construire la bande sonore. Dans notre atelier pilote, ce rôle a été joliment complété par Emmanuel Louis.

INSART PROJECT 3

Module 6 – Principes actifs de la vidéo

Pour créer leurs films les participants reçoivent une petite introduction au caméra de l’artiste vidéo : champs, contre-champs, plongé, contre-plongée, questions de la lumière et du temps sont traitées.  Ils discutent ensemble sur la capacité de la caméra de faire un effet. Ils regardent et analysent ensemble le premier enregistrement pour revoir ensemble ces concepts à travers un exemple réalisé.  Ceci implique donc la mobilisation d’un artiste vidéo aussi. Dans notre atelier « Déclic-Art »  nous avons collaboré avec Ivan Gonzales, comédien de profession, habitué de tourner des films. Il pouvait donc se mettre à la disposition des participants pour trouver des réponses techniques à des questionnements, désirs exprimés de manières non techniques et non professionnelles dans le choix des lieus de tournage, des solutions pour avoir tel ou tel effet, etc.

Module 7 – mise en commun et valorisation

Dans la démarche des Paracommand’arts, la mise en commun et la valorisation des œuvre des participants est centrale.  De leur point de vue, la qualité de l’œuvre doit être à la hauteur d’une mise en commun, être une œuvre à part entière, pas juste « l’œuvre réalisé dans le cadre d’un atelier socio-artistique ».  Tout atelier termine à ce moment-là, ou les créateurs peuvent partager leur création avec un public. Dans le cas de films où la post-production est dans les mains des artistes après la fin de l’atelier, ce moment peut être aussi le moment ou les participants prennent possession de leur ouvrage.

Si vous souhaitez connaître les participants et leur production ainsi que le projet en image cliquez ICI

 

Add a comment

You must be logged in to comment.